A l'approche des fêtes de Pâques, j'ai décidé d'adapter le quiz avec des expressions de circonstances. A ma grande surprise, aucun des enfants ne connaissaient celle se rapportant au chocolat et seulement trois équipes sur cinq ont bien répondu à l'autre.

Que signifie l’expression « se faire sonner les cloches » ?

*  se faire disputer

*  recevoir des compliments

Que signifie l’expression « être chocolat ?

*  être attrapé, dupé

être chouchouté, cajolé

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"On va se faire sonner les cloches" c'est tout d'abord une chanson de Fred Adison (ici), bon d'accord elle date de...1937 et c'est aussi le titre d'un film sorti lui en ...1950, c'est un peu plus récent!

Et c'est aussi une expression qui signifie se faire disputer sévèrement, fortement originaire probablement du 17ème siècle. Une grosse cloche qui sonne, cela produit un son puissant, assourdissant même si on en est très proche. C'est à la fois l'image de cette puissance qu'on retrouve dans l'expression avec le qualificatif "fortement" ou "violemment"(et le pluriel "les cloches" en accentue encore l'ampleur), mais aussi celle de la frappe, puisque le battant de la cloche tape sa paroi lorsqu'elle sonne et la réprimande peut être vue comme une frappe verbale.

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Pour la seconde expression, personne parmi les enfants ne savaient ce que signifiait "être chocolat"! c'est être trompé, dupé, s'être fait avoir. Dans mes recherches, j'ai retenu deux origines possibles pour l'expliquer:

La première serait due, à la fin du 19ème siècle, aux clowns Footit et Chocolat, le deuxième ayant le surnom de Chocolat parce qu'il était de race noire, d'origine cubaine (le terme 'chocolat' désignait déjà les noirs avant 1880). Comme, dans leurs sketches, il se faisait très souvent mener en bateau par son compère, à chaque fois qu'il se rendait compte avoir été dupé, il disait "je suis chocolat".

La deuxième viendrait des joueurs de bonneteau, cet attrape-nigaud, jeu de trois cartes que le bonneteur mélange après les avoir retournées, le joueur devant deviner où se trouve une de ces cartes (il en existe aussi la variante où un objet est caché sous un gobelet retourné parmi trois que le bonneteur mélange).
C'est grâce à un compère du bonneteur qui "gagnait" régulièrement, que les joueurs étaient incités à tenter leur chance et à se faire plumer.
Le rôle de ce compère était de "faire le chocolat", c'est-à-dire de jouer l'appât, la "sucrerie" qui attire le nigaud. Par extension, "le chocolat" était le joueur ainsi pris dans la nasse et trompé par les tricheurs.

Alors maintenant, vous savez à quoi vous en tenir: attention de ne pas être chocolat sinon vous vous ferez sonner les cloches!

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